La jungle se déplace de CALAIS vers GRANDE-SYNTHE ( N° 1471 )

Publié le par Quinquine1159

En ce début d'après-midi d'automne, de jeunes enfants kurdes étrennent la nouvelle aire de jeux du camp "de la Linière". Elle est le dernier né des services mis en place par l'association gestionnaire, l'Afeji, mandatée par l'Etat et la mairie, fin mai : quatre cuisines communautaires, un espace réservé aux femmes, une laverie, des navettes quotidiennes vers l'hôpital et l'école...
Des dizaines de migrants, les bras chargés de la nourriture distribuée en abondance grâce au concours de l'Auberge des migrants, remontent l'allée principale, pour regagner l'un des 327 mini-chalets - chauffés l'hiver.

La vie relativement paisible de ce camp de Grande-Synthe, aux normes humanitaires internationales, pourrait toutefois être troublée à l'occasion du démantèlement de la "Jungle" de
Calais.

A Grande-Synthe, un camp bien organisé

A Grande-Synthe, un camp bien organisé

Contrairement à la "Jungle", très cosmopolite, les habitants du camp de Grande-Synthe sont aux trois quarts des Kurdes irakiens, généralement plus riches et plus éduqués. "Ici, il y a ceux qui ont payé pour aller en Angleterre, et ceux qui les font passer", résume la problématique d'un camp particulièrement fourni en passeurs.

"Les passeurs font un forfait réunissant le voyage vers l'Angleterre et une pause dans cet endroit pourvu d'abris et de nourriture", affirme F. Guennoc, de l'Auberge des migrants. Difficile de dire par exemple si Jalil et Fouad, Kurdes irakiens rencontrés à leur retour d'un guichet alimentaire, ne tiennent pas un discours orienté à dessein : "On nous a refusé l'asile en France, donc nous cherchons à aller en Angleterre". Comme la majorité ici, affir
ment-ils.

A Calais, les passeurs arrêtent les camions.

A Calais, les passeurs arrêtent les camions.

F. Esnée, chef de mission pour Médecins sans frontières (MSF) dans la région, fait l'hypothèse de "centaines, voire de milliers" de reports de réfugiés, tant dans des mini-camps aux alentours que vers le camp de Grande-Synthe. "Depuis le week-end dernier, on a beaucoup plus d'arrivées en provenance de Calais", note D. Carême, maire écologiste de Grande-Synthe. "On peut s'attendre au pire", s'alarme le directeur du camp de la "Linière", d'autant que celui-ci n'est plus conçu pour absorber des arrivées massives.

( La capacité d'accueil, fixée à 1.500 personnes par la mairie en mars, a en effet quasiment été réduite de moitié. La population, actuellement de 712 résidents, s'est stabilisée depuis plusieurs semaines, grâce au retrait des chalets inoccupés après chaque départ. Le camp n'accueille plus désormais que les "vulnérables" - femmes et enfants - et remplit l'un des objectifs de la convention tripartite, la fermeture progressive du camp. "Il fallait bien fixer les règles du jeu", se défend le maire, pour qui il faut éviter "de transvider Calais" sur Grande-Synthe. )

Peu de distance, mais changement de département

Peu de distance, mais changement de département

Comment réagiraient les réseaux criminels, en cas d'afflux de migrants "calaisiens" ? En mars, à l'ouverture du camp, un nombre non négligeable de migrants en avaient été chassés. Si la prépondérance des passeurs peut donner l'impression d'un gâchis, D. Carême souligne que "25% des réseaux démantelés en France l'ont été à Grande-Synthe", prouvant l'efficacité d'un camp bien organisé.

Selon F. Esnée, le camp de Grande-Synthe "ne serait un échec que si la tendance sur les passeurs n'est pas inversée, d'ici six à neuf mois. Seule une stratégie de médiation et d'action sociale pourra établir la confiance" et court-circuiter les trafics. " Le camp de la Linière est un progrès. Mais sur la durée, attention à ne pas s'embourber
!"

Info France 3 N - P de C. et photos du Net

Publié dans Région Nord

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Garsdusud 12/10/2016 19:55

L'auteure a fait précédemment un article intitulé "Jusqu'où ira-t-on"? C'est une question que l'on pourrait se poser à Calais. En fait, on traite à Calais un problème qui devrait se ...traiter chez les "English", trop heureux de voir que ces mangeurs de grenouilles - qu'ils ne ménagent pas dans leur presse - a ce bâton M... (pas de mot grossier) à leur place. Eh bien, ces pauvres gens veulent aller chez les britanniques croyant y trouver un eldorado; aidons les à y aller. Douvres est une ville bien tranquille. Un peu d'animation apporterait du piment dans la vie de ses habitants. Et Calais retrouverait du calme, ce qui apporterait du baume au coeur aux 6 bourgeois graciés.

Quinquine1159 13/10/2016 17:04

Tu ne dois pas beaucoup aimer les Anglais ! Mais on se demande aussi ce que les migrants aiment là-bas.
Les "6 Bourgeois de Rodin" ne voient pas trop les migrants. Mais dans la ville, il y a sûrement aujourd'hui, plus de 6 bourgeois qui souhaitent revoir le calme à Calais. On aime les Calaisiens.

Rose63 08/10/2016 00:07

C'est bien triste tout cela
Je ne vois pas pas comment la France va réussir à assumer tous les maux du monde
JE TE SOUHAITE UN BON WEEKEND

Quinquine1159 08/10/2016 08:37

Merci pour le week-end, tu sais qu'il sera en partie partagé avec des Ch'tis.
C'est triste pour toutes les villes, pour tous les pays d'Europe et aussi pour ces "dépaysés".