La Jeanne de Bruno Dumont ( N° 1627 bis )

Publié le par Quinquine1159

Le film " Jeanne " a été présenté à la Quinzaine des Réalisateurs, dans le cadre du Festival de Cannes 2017. 
 

Domrémy, 1425. Jeannette n’est pas encore Jeanne d’Arc, mais à 8 ans elle veut déjà bouter les anglais hors du royaume de France. Inspirée du Mystère de la charité de Jeanne d’Arc (1910) et de Jeanne d’Arc (1897) de Charles Péguy, la Jeannette de Bruno Dumont revisite les jeunes années d’une future sainte sous forme d’un film musical à la BO électro-pop-rock et aux chorégraphies signées Philippe Decouflé.

 

Des gloussements dans les rangs, des rires et, finalement, des applaudissements: la salle de la Quinzaine des réalisateurs n'est pas restée indifférente au nouveau film de Bruno Dumont, servi bien secoué. Porté par les folies à succès de Ma Loute(2016), le réalisateur nordiste se grise d'excentricité en s'inspirant de deux textes de Charles Péguy, Jeanne d'Arc (1897) et Mystère de la charité de Jeanne d'Arc (1910). Les dialogues, beaux et recherchés, sont essentiellement chantés. La Pucelle de Domrémy fait un tour de chant en gardant ses moutons. Des religieuses plus déchaînées que dans La Grande Vadrouille viennent en visite pour un numéro de head-banging (il s'agit de secouer la tête et les cheveux de bas en haut, comme les teigneux du heavy metal). Et bien, sûr, il y a des apparitions dans l'air...

Les religieuses déchaînées

Les religieuses déchaînées

Des visions, Bruno Dumont en a forcément eu beaucoup pour se lancer dans pareille aventure. Mais si elles sont délirantes, elles sont aussi très tenues, maîtrisées et mises en scène avec un superbe sens de l'équilibre, de l'harmonie. Le loufoque n'empêche pas le sérieux, et vice versa.

Le cinéaste dit avoir puisé cette liberté chez Péguy, qui s'autorisait tout et son contraire. Jeannette, l'enfance de Jeanne d'Arc est un vrai festival d'oxymores : le sacré et le trivial se confondent, le mystique et le comique s'unissent. Le résultat est un cinéma audacieux, très stimulant, qui déroute tout le temps et retient tout le temps l'attention. C'est sur le plan musical que le risque pris est le plus grand. Car Dumont et son compositeur ont choisi une ambiance du type Notre-Dame de Paris au Palais des Sports.

Autant dire que ce film ne vise pas une beauté facile. Mais en bataille !

Les "voix" se traduisent en chansons.

Les "voix" se traduisent en chansons.

Avec leur petit col claudine, elles ont fait sensation les demoiselles du Pas-de-Calais, les deux "Jeannette", sur la Croisette. L'enfance de Jeanne d'Arc ont emmené nos deux Nordistes sur le tapis rouge. "J'ai beaucoup de chance d'aller au Festival de Cannes, à la Quinzaine", sourit Lise Leplat Prudhomme, la jeune actrice. "Ca fait un peu peur, mais ça me plait !"
Elle préfère chanter : tant mieux, car le film est une comédie musicale, où les chorégraphies s'enchaînent. "Ce n'est pas facile de tourner, souvent on doit recommencer parce qu'il y a beaucoup de fous-rires", ajoute Jeanne Voisin. Une comédie musicale médiévale sur la Côte d'Opale... Encore une fois Bruno Dumont intrigue un peu et déroute, beaucoup. 

L'équipe est decendue à Cannes raconter un OVNI de cinéma et une bergère pas tout à fait comme les autres. "Il fallait garder la complexité", exlpique le réalisateur. "Les voir toutes les deux, voir Lise qui arrive, qui dit du Péguy, c'est extraordinaire ! Un petit corps qui dit des choses qu'on comprend à moitié... C'est beau quoi."

Ici dans le film, les jeunes actrices qui sont descendues au festival de Cannes

Ici dans le film, les jeunes actrices qui sont descendues au festival de Cannes

Après le marathon du Festival, elles retrouveront leurs classes, leur famille. Elles ne se quittent plus, telles deux soeurs. Deux coeurs réunis dans un même rôle...

 

Publié dans Région Nord

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R
Oh merci
C'est touchant
Bonne journée
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Q
Je crois que j'irai voir ce film. car je me méfie du réalisateur pour ce sujet !