Dans un livre, le lecteur va peut-être prendre le temps de se mettre à la place de l'autre. ( N° 1706 )

Publié le par Quinquine1159

Cette phrase émane d'une femme écrivain qui sort un livre: " Une fille dans la jungle ".      Cette fille c'est Hawa, une jeune Ethiopienne que la critique qualifie de " lumineuse ".      La femme écrivain est Delphine Coulin et voici encore de ses paroles: 

" On ne sait rien de ce qu’une fille de 15 ans ressent sur un rafiot au milieu de la Méditerranée, tant qu’on ne s’est pas mis à sa place. Imaginez une ado d’ici qui ferait le chemin inverse, traversant dix pays dont elle ne connaît pas la langue, croisant toutes sortes de prédateurs et des morts sur les routes !  L’empathie, c’est quelque chose dont on a bien besoin en ce moment. Je ne suis pas une écrivaine militante, je n’ai pas de leçon à donner, je voulais simplement mettre des visages derrière les statistiques. "  

Dephine Coulin écrivain

Dephine Coulin écrivain

Je lui laisse encore la parole:

« J’avais cette histoire en tête avec six itinéraires d’enfants migrants qui se croisaient à Lampedusa ou à Kos.  Mais je suis allée à CALAIS et quand le démantèlement de la jungle a eu lieu, ç’a été une évidence : ce dont j’avais besoin, c’était un non-lieu où le monde entier se retrouve. J’aurais même pu enlever les références géographiques. Une fois le bidonville démoli, il ne reste qu’une station-service (où les enfants espèrent monter à bord d’un camion), un château d’eau (où ils tentent de se laver) et un trou (où ils s’abritent) : un paysage désertique, avec six petites silhouettes pour arriver à l’os, à ce qui fait le plus petit dénominateur commun entre humains et où tout le monde peut s’identifier. J’écris au plus près de mes personnages quand je raconte les longues marches, la faim, les passeurs mafieux, les policiers qui gazent… "

 

Couverture du livre de Delphine Coulin

Couverture du livre de Delphine Coulin

Le personnage principal Hawa, ado qui fuit l'Ethiopie où on veut la marier à un vieillard, et les cinq autres enfants qui l'accompagnent  sont un symbole : ils vont disparaitre . Ils étaient pourtant bien décidés à ne pas se quitter, à se tenir chaud, à se réconforter, à fuir ensemble vers l'Angleterre.

Difficile de s'attaquer à un tel sujet d'actualité, mais le livre sonne comme un documentaire sans misérabilisme. Laurence Caracalla, critique de revue, résume ainsi:

" On suit la gorge serrée ces fugitifs, dans leur course frénétique vers la liberté. Parfois adultes responsables, parfois simples adolescents tentant de redevenir ce qu'ils n'auraient jamais dû cesser d'être, rêveurs, timides et amoureux. "

Une Ethiopienne, telle Hawa, l'héroïne du roman

Une Ethiopienne, telle Hawa, l'héroïne du roman

Publié dans Région Nord

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G
Je suis très ému par l'amie Rose de l'auteure de ce blog. Certes je comprends sa peine pour ses parents, mais c'était à la suite d'une guerre civile atroce, sans quartier. Mais, moi qui suis du sud, je sais que toutes ces personnes d'origine espagnole, qui arrivaient démunies de tout, avaient avec les français d France un point commun essentiel : la même culture chrétienne. Ce fit le même cas, je crois savoir, pour les Ch'tis d'origine polonaise, profondément catholiques; Je cois sincèrement qu'il faut une à deux générations pour être assimilé et intégré, dès lors que l'o, a la même vision de la vie, des femmes en particulier. Ce n'est pas le cas des "français" d'origine maghrébine, car le fossé est immense et ne pourra pas âtre comblé. D'abord, ils n'ont pas une religion d'amour mais de conquête. Ensuite, ils vivent mentalement comme nous vivions au Moyen Age. D'où le rejet de la femme considéré comme un objet. Essayez de mélanger huile et eau, agitez, laissez reposer et voyez.après le résultat. La culture musulmane et la culture chrétienne sont tellement opposées que rie, à mon avis, rien ne pourra jamais les rapprocher.
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Q
Une volonté oecuménique dit le contraire de ta conclusion. Est-ce une utopie ? Quand on voit ce qui se passe, on est bien tenté plutôt dans ce sens.
R
Tu sais quand on fille d'immigrés comme je le suis mais à une autre époque
Je sais je sais ...moi j'ai eu la chance de naître ici mais j'ai vécu par procuration la misère , le refoulement que mes parents ont vécu et à cette époque ils n'étaient pas non plus considérés comme des êtres humains mais bon, c'est du passé enfoui en moi mais ce que je veux dire c'est que mes parents eux ont toujours respecté la France même si au début ils faisaient des trous dans le sable pour se protéger du froid .......ensuite il ont vécu l'envers du décor d' Argelès dans le camp de concentration donc tu sais ce livre je pourrais aussi l'écrire et même que je l'ai déjà fait humblement pour mes petites enfants pour qu'ils sachent ........ce me mes parents ont vécu car beaucoup ne savent pas l'histoire de la Retirade
Je te souhaite une bonne journée Marie-J
Bise
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Q
J'ai appris l'histoire de la Retirade, en arrivant dans le sud, c'est-à-dire bien tard dans ma vie. A Rivesaltes vient de s'ouvrir un Musée , mémorial du camp. mais c'est beaucoup de photos et trop didactique pour qu'un grand public soit intéressé.
Le passé ne devrait pas s'oublier, mais non plus pas nous empêcher de vivre sereinement, car le présent est suffisamment source d'incertitudes.
Bon week-end!