Narbonne programme "Vent du Nord" ( N° 1803 )

Publié le par Quinquine1159

Walid Mattar a grandi à Hammam-Lif, une banlieue ouvrière de Tunis située en bord de mer, dans laquelle la vie animée des quartiers populaires est marquée par la difficulté pour les familles de joindre les deux bouts.

Walid Mattar

Walid Mattar

Ce metteur en scène explique"Au rythme des marées, les hommes passent leurs journées au café, les femmes aux fourneaux, et les rendez-vous amoureux ont lieu en cachette, à la plage. Les perspectives sont réduites, les rêves simples. Et la seule solution semble être l’argent. Pour des raisons familiales, je suis parti vivre en France et j'ai découvert le Nord Pas-de-Calais, plus exactement Wimereux, une petite ville côtière proche de Boulogne-sur-Mer." 

Wimereux

Wimereux

Le réalisateur Walid Mattar a alors pris conscience que les gens se réunissaient davantage en fonction de leur classe sociale que de leur origine géographique. De ce constat est né l'un des paris du film "Vent du Nord" : montrer la proximité qui existe entre deux mondes qui sont supposés être si loin l’un de l’autre. Walid Mattar a cherché à raconter le parcours de deux ouvriers, Hervé et Foued, l’un en France, l’autre en Tunisie. 

Affiche du film

Affiche du film

Wimereux, à proximité de Boulogne-sur-Mer : Hervé, la cinquantaine, est ouvrier dans une usine d’emboutissage. Passionné de pêche,  il se refuse à suivre les directives syndicales lorsque les dirigeants de l’usine font le choix de la délocalisation : plutôt que d’entrer dans le combat au côté de ses collègues, il accepte la prime de départ qu’on lui propose, prime qu’il convertit dans l’achat d’un bateau qui, pense-t-il, lui permettra, avec l’aide de son fils, de vivre de sa passion.

Narbonne programme "Vent du Nord" ( N° 1803 )

2000 km plus au sud, à Tunis, Foued, la trentaine, a hérité, suite à la délocalisation, du travail qu’effectuait Hervé. Très optimiste, il espère pouvoir arriver, grâce à ce travail, à soigner sa mère et bénéficier d’un atout économique dans sa tentative de conquérir le cœur de celle qu’il aime, la séduisante Karima.


 
 
 
 
Narbonne programme "Vent du Nord" ( N° 1803 )

A travers l’histoire de la délocalisation d’une usine, le spectateur découvre le tissage de deux sociétés qui finissent presque par se confondre dans les mêmes espoirs brisés .

Dans les deux cas, l’administration n’est pas adaptée aux besoins des gens. D’un côté, Hervé est bloqué par les diverses normes et régularisations qu’il ne maîtrise pas et qui l’empêchent de se débrouiller par ses propres moyens, de se reconvertir et de suivre une formation adéquate. De l’autre, Foued est confronté à un État totalement démissionnaire, inexistant. Trop de règles d’un côté, pas assez de l’autre : avec ces logiques bureaucratiques floues, absurdes, rien ne permet à nos deux héros de faire face aux difficultés et de trouver leur place.

Dans l'usine de chaussures délocalisée

Dans l'usine de chaussures délocalisée

Le film traite de l’échange et de la circulation des personnes, des choses et des valeurs. La structure du film est née de la volonté de raconter cette circulation. "Nous suivons le mouvement de délocalisation de l’usine, nous revenons avec les chaussures, nous faisons un aller-retour via les vacances bradées du couple, nous repartons dans la marine.Nous revenons avec Foued qui immigre illégalement. "
 
 
Narbonne programme "Vent du Nord" ( N° 1803 )

" Cette circulation trame l’histoire, unit les destins de Hervé et Foued dans des trajectoires en miroir. Cette structure est le défi formel du film, qui est tout sauf un montage en parallèle, mais l’histoire de deux personnages unis sans se connaître.

Bien que séparés géographiquement, leurs expériences sont intimement liées. Un lien d'espoirs, d'émotions et de désirs. On ne voit souvent qu’une image réduite des délocalisations. Il manque des morceaux de vie. La structure de "Vent du Nord" agrandit, j’espère, le champ de vision, en témoignant du quotidien des gens avant et après l’usine", précise Walid Mattar.

Sortie nationale le 28 mars 2018. Le Cinéma du Théâtre de Narbonne le programme les 28, 30 et 31 mars ainsi que les 1er et 2 avril.

Publié dans Région Nord

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G
Désolé,mais c'est le genre de film qui me laisse froid. Que veut-il démontrer ? Une lutte de classes ? Le pouvoir des grands de ce monde qui délocalise parfois à tour de bras ? la possible circulation des valeurs? Trop, c'est trop. Non, le jour où il passera dans ma ville, ne n'irai pas le voir.
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Q
Je n'irai pas non plus voir ce film. Il est sûrement , comme tu le penses aussi, l'occasion de faire passer ses idées politiques.
M
Bonjour Marie
je connais Wimereux pour y avoir été souvent et comme pour le film de Dunkerque ça risque d'attirer du monde après la bas bonne journée bisous
Marcel
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Q
J'ai passé des vacances à Wimereux quand j'étais jeune fille et j'ai été draguée !!.
Je comprends que l'ouvrier licencié se reconvertisse bien dans la pêche, puisqu'il s'y plait. Mais tous ne peuvent pas se retrouver du travail évidemment. Mais je n'irai pas voir ce film.....
Bisous