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Après Simone Veil, Martha DESRUMAUX sera-t-elle la prochaine femme à entrer au Panthéon ? ( N° 1887 )

Publié le par Quinquine1159

Née en 1897 à COMINES, à la frontière franco-belge, Martha DESRUMAUX est 6e enfant d'une famille de 7 qui, à la mort de son père alors qu'elle avait 9 ans, est envoyée comme domestique d'une maison bourgeoise. Elle s'enfuira rapidement, proclamant sa volonté de devenir ouvrière.

A 12 ans, la voici engagée dans une usine textile de sa ville. A 13 ans elle s'encarte à la CGTU, à 15 aux Jeunesses socialistes.  

La Grande Guerre la jette sur les routes de l'exode, direction Lyon, où elle organise sa première grève à 20 ans dans une usine textile. D'autres suivront, comme celle de Comines, où elle obtiendra que les ouvrières d'une fabrique de lin soient équipées de "galoches et de tablier en cuir, pour ne pas patauger dans l'eau et se préserver des projections d'huile bouillante".

Première femme élue au comité central du PCF, c'est elle qui viendra produire aux représentants du patronat les misérables fiches de paie des ouvrières du textile, lors des négociations des accords de Matignon en juin 1936. Elle s'engage encore dans des marches de la faim de chômeurs ou des actions de solidarité en faveur des enfants de la Guerre d'Espagne ou des mineurs lors de la grande grève de 1948.

Bien d'autres combats ont jalonné le parcours de cette femme.

Après Simone Veil, Martha DESRUMAUX sera-t-elle la prochaine femme à entrer au Panthéon ? ( N° 1887 )

Le nom de Desrumaux sera donné en 2019 à un jardin public du XIIe arrondissement de Paris, et prochainement dans le Nord, sa terre natale, à un collège et à plusieurs rues. 

La ville de Lille, dont elle fut adjointe au maire entre 1945 et 1947, lui a attribué, dès 2006, celui d'une allée du quartier populaire de Wazemmes.

 

Martha DESRUMAUX

Martha DESRUMAUX

Un collectif caresse l'espoir de la voir entrer au Panthéon, ravivant la mémoire de cette figure du mouvement ouvrier, féministe et résistante, des usines textiles du Nord au camp de concentration de Ravensbrück.

Une campagne visant à "faire entrer le monde ouvrier au Panthéon" a été lancée depuis quelques mois. A la manoeuvre, une association lilloise "Les ami.e.s de Martha Desrumaux", animée par l'éditrice Laurence Dubois et l'historien Pierre Outteryck, auteur d'un ouvrage de référence sur elle.

Une démarche officielle auprès du président de la République sera entreprise à l'automne "portée par une personnalité reconnue"

Après Simone Veil, Martha DESRUMAUX sera-t-elle la prochaine femme à entrer au Panthéon ? ( N° 1887 )

Martha Desrumaux avait été arrêtée par la Gestapo en août 1941, après la grande grève de mai-juin 1941 dans le bassin minier, qu'elle avait co-organisée dans la clandestinité. Suivie par 100.000 mineurs mais durement réprimée par les nazis, "c'était la plus grande grève de l'Europe occupée "C'était son fait d'armes, elle a su mobiliser les ouvriers en leur disant : "La misère et la peur règnent, il est temps que nous apprenions à relever la tête."

Lili Leignel, 86 ans, déportée de Roubaix avec sa mère et ses deux frères en 1943, se souvient encore aujourd'hui de "Martha". "Elle était notre lumière, on tenait le coup grâce à elle. On crevait de faim et elle se démenait pour procurer aux enfants des biscuits, obtenus auprès des déportées polonaises ayant reçu des colis".

Si Martha Desrumaux devait entrer au Panthéon, elle côtoierait dans la nécropole deux anciennes de Ravensbrück, Germaine Tillon et Geneviève de Gaulle-Anthonioz. Dans cet enfer, elle partageait d'ailleurs le même châlit que cette dernière... Elle y avait aussi mis en place la résistance interne.

Déportées à Ravensbruck

Déportées à Ravensbruck

Avec ça, "une sacrée gouaille !", relate Pierre Outteryck, qui l'a bien connue. Sa haute taille (1,75 m), son patois du Nord, sa manière "concrète" de s'adresser aux foules rendait le personnage "charismatique".

Morte en 1982, elle demeure pourtant "une oubliée de l'histoire, car c'était une ouvrière provinciale, qui n'a pas laissé d'écrit, pas une intellectuelle au sens littéraire du terme".

Mais comme le dit Laurence Dubois: " Martha Desrumaux avait pour mot d'ordre l'émancipation, et toute son action la rend aujourd'hui très moderne".

Publié dans Région Nord

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"Jolis coquelicots Mesdames, jolis coquelicots ..."( N° 1886 )

Publié le par Quinquine1159

Le coquelicot, ou "poppy" en anglais, est un symbole de mémoire pour ceux qui sont tombés pendant la première guerre mondiale.

Un projet s'inscrit donc tout naturellement dans le cadre des manifestations "Amiens, un autre regard sur la Grande Guerre". C'est le projet KOKLYKO .

"Jolis coquelicots Mesdames, jolis coquelicots ..."( N° 1886 )

Depuis un an et demi,  un artiste travaillait sur ce projet. Une semaine par mois, il était en résidence à Amiens pour aller à la rencontre des écoles et des entreprises, grâce auxquelles il a collecté suffisamment de bouteilles en plastique pour fabriquer plus de 50 000 fleurs artificielles ! 

 "En tout, 5000 personnes ont participé au projet de collecte. Et 1000 personnes sont venues participer à l'installation. Ce sont des gestes simples, mais on construit ensemble, on tisse un lien."

Les visiteurs pouvaient planter l’un des 10 000 coquelicots qui ont été créés depuis un an et demi par les écoles, les Epahd et les associations. Mais il n’était pas si simple d’enfoncer les tiges de ces fleurs. " Il fait tellement chaud que la terre est très dure, trop dure . "

"Jolis coquelicots Mesdames, jolis coquelicots ..."( N° 1886 )

Dans le parc de l'Évêché, des milliers de fleurs rouges ont fleuri en quelques heures... Mais si vous vous approchez, vous verrez qu'il s'agit en fait de coquelicots artificiels, fabriqués à partir de matériaux recyclés. 

Au-delà de la portée historique, l'artiste Jérôme Toq'R  a aussi voulu faire réfléchir sur l'écologie. "On travaille à partir d'un déchet, donc ça pose la question de sa durabilité, par exemple. Ça fait réfléchir sur la consommation non-raisonnée de plastique, et donc du respect de la planète."

L'artiste initiateur du projet

L'artiste initiateur du projet

L’œuvre restera exposée jusqu’au mois de septembre dans le parc de l’Évêché à AMIENS. 

 

 

Publié dans Région Nord

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